Activité physique et santé: La perception peut être aussi importante que la réalité

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Votre état d’esprit peut avoir un impact surprenant sur votre santé. La revue Health Psychology a récemment publié une étude suggérant que la perception de votre condition physique influence votre risque de décès plus que votre réelle forme physique!

Traduction libre et adaptation par Gilles Drouin de l’article écrit par Monique Tello, MD, MPH : Mind over matter? How fit you think you are versus actual fitness. Révision par Christine Bertrand.

Des chercheurs de l’Université de Stanford ont examiné une multitude de données recueillies par le National Center for Health Statistics des États-Unis entre 1990 et 2011 auprès de 60 000 personnes. Ils ont évalué que cet échantillon pouvait représenter la situation de 475 millions d’adultes américains.

Comment l’analyse a été conduite ?

Pendant 21 ans, les personnes ont été invités à évaluer la perception de leur niveau d’activité physique. Leur niveau d’activité physique réelle a été mesurée de trois façons:

  • La fréquence, le temps et l’intensité de leurs activités physiques de loisirs;
  • la fréquence, le temps et l’intensité de leurs activités quotidiennes, soit au travail ou à la maison;
  • la quantité de mouvements mesurés en portant un accéléromètre pendant une semaine.

Les chercheurs ont tenu compte de diverses mesures de la santé. Celles-ci incluaient :

  • La perception de leur santé par rapport à leurs pairs;
  • la condition médicale à haut risque (telle que l’hypertension artérielle, le diabète, les problèmes cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et l’hypercholestérolémie);
  • les handicaps;
  • le statut de fumeur;
  • l’indice de masse corporelle;
  • le nombre de jours où ils ont été assez malades pour demeurer au lit;
  • La santé mentale (soit une évaluation du stress subi ou la consultation d’un professionnel de la santé mentale au cours de la dernière année).

Plusieurs facteurs démographiques ont également été pris en compte : sexe, âge, race/origine ethnique, état matrimonial, éducation, environnement (urbain ou rural), emploi, revenu annuel du ménage et accès aux soins médicaux.

Enfin, toutes ces données ont été liées à l’indice national de décès pendant les 21 années au cours de laquelle environ 10 % des sujets à l’étude sont décédés.

La perception peut être aussi importante que la réalité – voire plus!

Les chercheurs ont analysé toutes ces données de différentes façons, incluant d’autres facteurs importants pouvant influencer leurs conclusions. Les résultats ont été tout simplement surprenants :


Peu importe la façon dont ils ont analysé les données, si les personnes pensaient qu’elles étaient « beaucoup moins actives » que leurs pairs, elles étaient associées à un risque statistiquement plus élevé de décès! En effet, le risque était d’au moins 18% plus élevé par rapport à la population générale et jusqu’à 71% plus élevé que celui des personnes qui pensaient être «plus actives». Et ceci sans égard à l’activité physique réelle ou à d’autres facteurs de risque pour la santé (tabagisme, embonpoint, etc.).


Les résultats sont certes surprenants, mais ils ne sont pas uniques et ne représentent pas des conclusions isolées. Une étude précédente, qui a justement mis la puce à l’oreille de l’un des auteurs, avait fait le suivi de 84 femmes de chambres dont le travail était déjà reconnu comme étant très actif. Au cours de l’étude, la moitié des femmes ont été informées que leur travail atteignait les niveaux d’activité physique hebdomadaire recommandés. L’autre moitié a assisté une conférence sur l’activité physique et les recommandations, mais personne ne les a informées elles étaient suffisamment actives par la nature même de leur travail. Les conclusions de l’étude sont tout aussi surprenantes : après seulement quatre semaines, non seulement les femmes informées ont-elles déclaré qu’elles étaient plus actives, mais elles ont également présenté une diminution du poids corporel, de la tension artérielle, de la masse adipeuse, du rapport taille-hanches et de l’indice de masse corporelle!

Qu’est-ce qui pourrait expliquer ces résultats?

Les auteurs proposent trois explications aux résultats de l’étude:

  1. Notre état d’esprit affecte notre motivation. Si nous percevons que nous sommes actifs, alors nous vivrons de cette façon.
  2. Si nous percevons que nous sommes moins actifs, le stress et la dépression associés à cet état d’esprit affecte alors la santé.
  3. Le fameux «effet placebo». Ce que nous attendons comme résultat a une grande influence, non seulement sur ce que nous ressentons, mais sur le résultat lui-même ! La perception de sa santé a alors un effet physiologique direct sur cette dernière.

Les retombées de l’étude

Cette recherche met en évidence que la perception de la pratique d’activités physiques basée sur la comparaison sociale joue un rôle important sur la santé et la longévité. Cette comparaison sociale est hautement influencée par l’information communiquée par les professionnels de la santé, les campagnes de santé publique et les interventions en éducation. A la lumière de ces résultats, le renforcement négatif, l’approche en induisant la peur ou tout autre stratégie qui cristallisent la perception négative semblent inefficaces ! L’utilisation d’un langage négatif lors des rétroactions tentant de convaincre d’adopter des comportements sains semble alors avoir un effet délétère sur la santé.

Enfin, bien que la pratique de l’activité physique demeure un déterminant crucial de la santé, le développement d’une pensée et une approche positive semblent des facteurs aussi importants que le changement de comportement en lui-même. Elles ont même un impact direct sur la santé.

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Références

Mind over matter? How fit you think you are versus actual fitness. Harvard Medical School, août 2017

Perceived Physical Activity and Mortality: Evidence from Three Nationally Representative US Samples. Health Psychology, juillet 2017.

Mind-Set Matters: Exercise and the Placebo Effect. Psychological Science, février 2007.

 

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